Un texte de Patrice RATIA

 

Ratia, Patrice

Patrice RATIA

Jamais dans toute l’histoire de l’humanité une discipline comme l’ufologie avait exigé une aussi grande maîtrise de plusieurs disciplines et de polyvalence de la part de ses praticiens.

Il y a eu de par le passé et il y a toujours aujourd’hui des personnes qui ont à gérer des projets complexes requérants des connaissances multidisciplinaires mais l’ufologue ne peut être comparé à ces derniers, n’ayant pas les mêmes ressources et les mêmes méthodes pour parvenir à ses fins.  Les grandes réalisations humaines se voient toujours accorder les ressources nécessaires et les individus chargés de mener à terme ces projets, peuvent compter sur une équipe de professionnels maîtrisant parfaitement leurs disciplines et, étant rémunérés, ils peuvent se consacrer à plein temps à leurs tâches.

L’ufologue ne possède pas de telles ressources.  Dans de rares cas, il vivra uniquement de l’ufologie mais à quel prix? Pour générer suffisamment de revenu par lui-même, il devra parfois faire dans le sensationnalisme au détriment des faits réels et il devra davantage se considérer comme un romancier plutôt qu’un ufologue.  Dans d’autres cas, il œuvrera au sein d’organisations gouvernementales et il sera alors soumis à un cadre rigide et limité, où trop souvent les idées doivent céder leur place à la censure.  L’ufologue autonome est sans ressource, son œuvre étant le fruit du bénévolat, il devra recourir à d’autres activités professionnelles pour subvenir à ses besoins.

L’ufologue se retrouve donc à se consacrer à ses intérêts de manière limitée.  Paradoxalement, ceux-ci requièrent des aptitudes sans précédents.  Aucun autre domaine ne demande autant de connaissances comme par exemple en psychologie ou encore en mécanique quantique.  Le traitement de l’image, l’informatique, la météorologie, l’astrophysique, les techniques de laboratoire (ne serait-ce que pour conserver des échantillons en bon état), les méthodes d’enquête, l’art de l’écriture, le génie électrique, l’aéronautique, la médecine et la biologie, pour ne nommer que celles-ci, sont autant de disciplines à connaître et maîtriser où l’ufologue devra ensuite apprendre à les appliquer dans son travail de recherche s’il souhaite progresser dans ses enquêtes et ses réflexions.

Il est évident que les ufologues du 21e siècle ne pourront plus agir seuls.  Un luxe dont ils se sont prévalus trop longtemps.  Au sein d’une équipe constituée de professionnels et d’amateurs dans diverses disciplines, l’ufologue se dotera des ressources qui lui sont indispensables.

Mais il existe des domaines que l’ufologue devra connaître par lui-même pour progresser.

Premièrement, il y a l’ufologie en tant que telle.  Connaître son histoire, les cas les plus populaires, les éléments récurrents aux observations du même type, les statistiques, les écrits et les théories de ses prédécesseurs, les rapports officiels tels Bluebook et le rapport Cometa, etc.  La pertinence de ces éléments ne requiert aucune argumentation.

En second lieu, viennent les mathématiques.  Étant l’âme de toutes les sciences dites exactes, de bonnes bases en mathématique autoriseront à l’ufologue une approche de diverse discipline, lui permettant d’approfondir ses connaissances de manière autodidacte.  Les mathématiques trouvent même des applications dans les sciences humaines, ne serait-ce que de part les statistiques.  Les possibilités que la maîtrise des mathématiques apporte à l’ufologue sont incalculables.

Une discipline cependant est au-dessus de toutes les autres.  Cela va en étonner plusieurs, et c’est la philosophie.

Que diable la philosophie vient faire dans tout ça? Et surtout pourquoi prévalerait-elle dans tous les autres domaines? Albert EINSTEIN a dit qu’il ne fallait pas remplir les esprits de formules et de règles, tout cela se trouvant facilement dans les livres, mais plutôt qu’il fallait seulement leur apprendre à penser.  Cette citation devient primordiale en ufologie.

L’ufologie, comme domaine de recherche, est particulièrement atypique par rapport aux autres domaines. Faisant l’objet d’hypothèses multiples, elle n’est pas encore le propre de la connaissance.  La mystification est omniprésente en ufologie.  Les gens croient aux OVNIS ou n’y croient pas, tous étant dans l’erreur.

L’ufologue prêtant crédibilité à une hypothèse sans une analyse qui émane de lui-même commettrait la même erreur, soit un simple acte de croyance.  Aucune théorie sur l’origine et la nature des OVNIS ne paraît crédible auprès des non-initiés.  L’existence même de ceux-ci étant mis en doute par plusieurs.  L’apparence de frivolité étant la règle en ufologie, celle-ci ne permet pas ce type de paresse intellectuelle.

La philosophie est le berceau de toutes les sciences, l’ufologie n’y fera pas exception avant d’être reconnue. Être penseur avant d’être ufologue est la seule manière de progresser.